...
21 juil. 2010
20 juil. 2010
Merci
Merci
de m'avoir donné un peu de toi,
à travers tes coups de reins,
à travers tes coups de langue
(française)
à travers tes coups de mains,
à travers tes coups de blues.
Merci
de m'avoir pris dans tes bras
et montré,
à moi qui n'y croyais plus,
qu'il m'est encore possible
d'aimer et d'être aimé.
Merci
de m'avoir fait mal;
la douleur étant un signe
que l'on est encore en vie,
dixit les croque-morts.
Merci
de m'avoir permis
d'écrire quelques uns
de mes plus beaux vers.
Merci
de m'avoir fait goûter
à tes 20 ans.
Merci
pour l'éternité.
Merci.
8 juil. 2010
lame de fond
asocial apatride
sans papa
sans papiers
stupide assassin
sans canif affûté
qu'une lame de fond
7 juil. 2010
oxymore
je ne sais pas mentir
pas plus que dire la vérité
je suis juste sincère
dans tout ce que je fais
c'est la réalité qui me lacère
me tire les vers du nez
peinturlure
je t'ai aimé
à travers un miroir sans taintu m'as aimé
derrière une vitre blindée
saints parmi les saints
brûlant de l'encens tous les soirs
enfants aimant se peindre le corps
rougir discrètement dans le noir
s'étendre et s'éteindre
5 juil. 2010
licorne
c'est plus ce que c'était les licornes:
regarde-moi cette conne
avec son enseigne lumineuse sur la tête
à la place de sa corne.
28 juin 2010
dézippé
immole l'immonde mode
monde dé-modelé
la chair est à l'intérieur
les formes s'interrogent
sous l'effet des pointillés
les pupilles se déforment
aquatique acuité
dézippe ta peau
danse face à la Lune
si tu crois que ta peau
s'enfile comme un pull
oublie l'essentiel
perds ton temps
à dessiner dans le ciel
d'excentriques nuages blancs
27 juin 2010
Finalement
Finalement
Le lion sera peut-être
Mon ami
Plutôt que mon ennemi
Lui va te dévorer
Et moi te digérer
Triste solution finale
Le lion sera peut-être
Mon ami
Plutôt que mon ennemi
Lui va te dévorer
Et moi te digérer
Triste solution finale
25 juin 2010
Contre ma poitrine
Il était dit à ma naissance que je serai seul
Je serrais alors mes rêves contre ma poitrine
Je te serrais dans mes bras sans fin
Pensant que l'on mourrait main dans la main
Je me trompais sur toute la ligne
Je serrais alors mes rêves contre ma poitrine
Je te serrais dans mes bras sans fin
Pensant que l'on mourrait main dans la main
Je me trompais sur toute la ligne
24 juin 2010
Poèmes effaçables
Je m'enfile des cartouches d'encre bleues dans le cul
Pour vomir des poèmes effaçables
capharnaüm
esthète en blouse blanche
noyé dans le capharnaüm
d'un kaléîdoscope cassé
d'une tristesse invasive
un cafard écrasé
exit les endorphines
les orgasmes rapiècés
la Lune se change en manouche
sur des routes barrées
et pousse des soupirs inextinguibles
dans la nuit étoilée
plein. vide. lent.
agonie à petit feu
rongé vivant par un mal enivrant
nul antidote en vue
dans les vases communicants
du plein au vide
du vide au lent
objet de désir hors tension
sous calmant
l'horizon n'est même pas trouble
on y colle des écailles
de diamant
23 juin 2010
Chute libre
Les pieds dans le vide
Au-dessus du précipice
Je te retiens par les mains
Moites
Yeux dans les yeux
Le regard fixe
Et tu glisses
Et tu glisses
Et même
C’est toi qui lâches mes mains
Moites
Ne voulant pas m’entraîner avec toi
Dans ta chute – libre –
Au-dessus du précipice
Je te retiens par les mains
Moites
Yeux dans les yeux
Le regard fixe
Et tu glisses
Et tu glisses
Et même
C’est toi qui lâches mes mains
Moites
Ne voulant pas m’entraîner avec toi
Dans ta chute – libre –
21 juin 2010
Contretemps
Avant que tu partes
Te jeter dans la gueule du lion
Je reviendrai vers toi
Marchant à contre-jour
Je prendrai mon mâle en patience
Je compterai les jours
Où mon corps te réclame
Et clame son innocence
Pas de promesses pas de mensonges
Pas besoin d’être à toi
Ou que tu m’appartiennes
Pour s’enfiler dans un lit
Et se lire des histoires
A dormir debout
Mais je sais que nos hormones
Ont besoin de se parler
Nos neurones se connecter
Et si vraiment il est trop tard
Alors je partirais
Te tournant le dos
A contrecœur
Te jeter dans la gueule du lion
Je reviendrai vers toi
Marchant à contre-jour
Je prendrai mon mâle en patience
Je compterai les jours
Où mon corps te réclame
Et clame son innocence
Pas de promesses pas de mensonges
Pas besoin d’être à toi
Ou que tu m’appartiennes
Pour s’enfiler dans un lit
Et se lire des histoires
A dormir debout
Mais je sais que nos hormones
Ont besoin de se parler
Nos neurones se connecter
Et si vraiment il est trop tard
Alors je partirais
Te tournant le dos
A contrecœur
20 juin 2010
Au supermarché
J’aurai préféré rêver
Que d’avoir à oublier
Que l’on s’est aimé
Que d'avoir à oublier
Que je suis seul et terrorisé
Comme un enfant
Qui ne retrouve plus ses parents
Au supermarché
()
Je me fuis, m'abandonne et me perds;
Je perds mes repères,
Je lâche prise.
Je m'enfuis loin de moi au fond de moi.
Au fond du trou la lumière est ronde.
Retour à la case départ.
Te voler, plus vraiment en secret,
Mais de loin à nouveau.
J'ai voulu y croire comme toi.
Il faut garder des rêves dans la tête...
Et fermer la parenthèse)
18 juin 2010
" l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée"
" Dans la vie, l'essentiel est de porter sur tout des jugements a
priori. Il apparaît, en effet, que les masses ont tort, et les
individus toujours raison. Il faut se garder d'en déduire des
règles de conduite : elles ne doivent pas avoir besoin d'être
formulées pour qu'on les suive. Il y a seulement deux choses :
c'est l'amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la
musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le
reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques
pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du
fait que l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai
imaginée d'un bout à l'autre. Sa réalisation matérielle
proprement dite consiste essentiellement en une projection de
la réalité, en atmosphère biaise et chauffée, sur un plan de
référence irrégulièrement ondulé et présentant de la distorsion.
On le voit, c'est un procédé avouable, s'il en fut."
Boris Vian.
Avant propos de "L'écume des jours"
17 juin 2010
Intouchable
Je voudrais me faire petit
Tout petit
Tout petit petit petit
Encore plus petit
Jusqu’à m’oublier
Disparaître de ta vie
Sans laisser de trace
Je me ferais intouchable
Coquille ardente
Impalpable
Déca[D]ante
Divine comédie
Tout petit
Tout petit petit petit
Encore plus petit
Jusqu’à m’oublier
Disparaître de ta vie
Sans laisser de trace
Je me ferais intouchable
Coquille ardente
Impalpable
Déca[D]ante
Divine comédie
Doute méthodique
Je rêve de lui, il me reste au moins ça.
Je rêve de son corps fin et frêle,
Fragile comme un enfant qui doute.
De ses mains appliquées et douces,
Qui partent en fumée.
De ses cheveux longs et noirs
Qui se tortillent sur sa nuque.
De ses yeux. De ses yeux. De ses yeux.
Mais ils ne se tournent plus vers moi,
Ses regards...
Et voilà que le rêve se transforme en cauchemar!
Je rêve de son corps fin et frêle,
Fragile comme un enfant qui doute.
De ses mains appliquées et douces,
Qui partent en fumée.
De ses cheveux longs et noirs
Qui se tortillent sur sa nuque.
De ses yeux. De ses yeux. De ses yeux.
Mais ils ne se tournent plus vers moi,
Ses regards...
Et voilà que le rêve se transforme en cauchemar!
Tacheter
ta queue de guépard
à laquelle j'aimais m'attacher
m'entacher
me tacheter
va me manquer...
dans ce lit trop grand pour moi tout seul
où même en me retournant
je ne pourrais me coller
ni à tes fesses
ni à tes dents
mais nos rêves
nous porteront peut être
l'un vers l'autre
l'un vers...
le centre de l'uni-vers
m'entacher
me tacheter
va me manquer...
dans ce lit trop grand pour moi tout seul
où même en me retournant
je ne pourrais me coller
ni à tes fesses
ni à tes dents
mais nos rêves
nous porteront peut être
l'un vers l'autre
l'un vers...
le centre de l'uni-vers
Trou noir
L'amour physique entre deux personnes est une oeuvre en soi ;
Où lorsqu'on parvient à se relâcher totalement,
Où lorsqu'on parvient à se relâcher totalement,
A s'abandonner totalement,
On peut avoir l'impression de s'écrouler sur soi-même,
A deux,
L'un dans l'autre,
Comme un trou noir,
Etoile qui s'écroule (presque) perpétuellement sur elle-même...
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