28 août 2010

Ombilic

je fantasme parfois cette fibre optique

- "ombilic des limbes" -

nous rendant dépendant l'un de l'autre

reptiles cannibales

je te regarde et je vois

ce petit caillou de crack

qui laisse mes larmes sans voix

comme une putain amoureuse de son mac

déçue par bien des Hommes

déçue par bien des mecs

réel symbolique imaginaire

noeud borroméen qui nous lie

dos-à-dos par les poignets sous la pluie

de nos rêves suicidaires

25 août 2010

Trop plein

Tandis que tu m'offrais tes larmes
Je pleurais mon bonheur amer

3 août 2010

Mycélium

interrogatoire intransigeant translucide sentiment insolent seulement obscurci surprenant cil-à-cil s'essayant aux rythmes chaloupés cessation d'activité nerveuse adoucir le feu de l'après rasage caresser son petit pli son petit trait qui fendille sa force sa virilité viser au milieu tapoter pour attendrir la chair faire glisser le bout de ses doigts sur la porte de derrière bleu de travail graisseux ou pantalon noir sous une chemise blanche rigide réverbère qui éclaire une nuit solitaire au plaisir encapuchonné gangue nutritive sève vaporeuse sens dessus dessous gènes sans gène irrépressible pulsation métronomique alignement langoureux surimpression sulfureuse soudure acidulée
je te sens grimper en moi
mycélium épais surimpression sulfureuse
ébloui abruti attendant qu'il se passe quelque chose
que la chute s'enclenche

2 août 2010

plume de Pan

excavation céphalique
qui picote jusqu'au bulbe rachidien
chic type rachitique
aux longues jambes blondes
long phallus dionysiaque
membre de marbre des anciens
interstices comblés
d'insectes éparpillés
jusque dans les plis
des revers de la vie
III actes écrits
d'une plume de Pan
à l'encre sympathique

21 juil. 2010

Jalousie

Les fantômes sont jaloux,
...

Trouble

Les époques dont nous avons des images paraissent bien plus irréelles que les autres.

20 juil. 2010

Merci

Merci

de m'avoir donné un peu de toi,
à travers tes coups de reins,
à travers tes coups de langue
(française)
à travers tes coups de mains,
à travers tes coups de blues.

Merci

de m'avoir pris dans tes bras
et montré,
à moi qui n'y croyais plus,
qu'il m'est encore possible
d'aimer et d'être aimé.

Merci

de m'avoir fait mal;
la douleur étant un signe
que l'on est encore en vie,
dixit les croque-morts.

Merci

de m'avoir permis
d'écrire quelques uns
de mes plus beaux vers.

Merci

de m'avoir fait goûter
à tes 20 ans.

Merci

pour l'éternité.

Merci.

8 juil. 2010

lame de fond

asocial apatride
sans papa
sans papiers

stupide assassin
sans canif affûté

qu'une lame de fond

7 juil. 2010

oxymore

je ne sais pas mentir
pas plus que dire la vérité
je suis juste sincère
dans tout ce que je fais
c'est la réalité qui me lacère
me tire les vers du nez

tolérance

peinturlure

je t'ai aimé
à travers un miroir sans tain
tu m'as aimé
derrière une vitre blindée
saints parmi les saints
brûlant de l'encens tous les soirs
enfants aimant se peindre le corps
rougir discrètement dans le noir

s'étendre et s'éteindre



5 juil. 2010

licorne

c'est plus ce que c'était les licornes:
regarde-moi cette conne
avec son enseigne lumineuse sur la tête
à la place de sa corne.

28 juin 2010

dézippé

immole l'immonde mode
monde dé-modelé

la chair est à l'intérieur

les formes s'interrogent
sous l'effet des pointillés
les pupilles se déforment
aquatique acuité

dézippe ta peau
danse face à la Lune
si tu crois que ta peau
s'enfile comme un pull

oublie l'essentiel
perds ton temps
à dessiner dans le ciel
d'excentriques nuages blancs


27 juin 2010

Finalement

Finalement

Le lion sera peut-être
Mon ami
Plutôt que mon ennemi
Lui va te dévorer
Et moi te digérer

Triste solution finale

25 juin 2010

Contre ma poitrine

Il était dit à ma naissance que je serai seul
Je serrais alors mes rêves contre ma poitrine
Je te serrais dans mes bras sans fin
Pensant que l'on mourrait main dans la main

Je me trompais sur toute la ligne

24 juin 2010

Poèmes effaçables


Je m'enfile des cartouches d'encre bleues dans le cul

Pour vomir des poèmes effaçables

capharnaüm

esthète en blouse blanche
noyé dans le capharnaüm
d'un kaléîdoscope cassé
d'une tristesse invasive
un cafard écrasé
exit les endorphines
les orgasmes rapiècés
la Lune se change en manouche
sur des routes barrées
et pousse des soupirs inextinguibles
dans la nuit étoilée

plein. vide. lent.

agonie à petit feu
rongé vivant par un mal enivrant
nul antidote en vue
dans les vases communicants
du plein au vide
du vide au lent
objet de désir hors tension
sous calmant
l'horizon n'est même pas trouble

on y colle des écailles
de diamant

23 juin 2010

Chute libre

Les pieds dans le vide
Au-dessus du précipice
Je te retiens par les mains
Moites
Yeux dans les yeux
Le regard fixe
Et tu glisses
Et tu glisses
Et même
C’est toi qui lâches mes mains
Moites
Ne voulant pas m’entraîner avec toi
Dans ta chute – libre –

Babel

A demi perdu dans le sommeil
Je cherche encore parfois ta langue

21 juin 2010

Contretemps

Avant que tu partes
Te jeter dans la gueule du lion
Je reviendrai vers toi
Marchant à contre-jour
Je prendrai mon mâle en patience
Je compterai les jours
Où mon corps te réclame
Et clame son innocence
Pas de promesses pas de mensonges
Pas besoin d’être à toi
Ou que tu m’appartiennes
Pour s’enfiler dans un lit
Et se lire des histoires
A dormir debout

Mais je sais que nos hormones
Ont besoin de se parler
Nos neurones se connecter
Et si vraiment il est trop tard
Alors je partirais
Te tournant le dos
A contrecœur

20 juin 2010

Au supermarché

J’aurai préféré rêver
Que d’avoir à oublier
Que l’on s’est aimé
Que d'avoir à oublier
Que je suis seul et terrorisé
Comme un enfant
Qui ne retrouve plus ses parents
Au supermarché

()

Je me fuis, m'abandonne et me perds;
Je perds mes repères,
Je lâche prise.
Je m'enfuis loin de moi au fond de moi.

Au fond du trou la lumière est ronde.

Retour à la case départ.
Te voler, plus vraiment en secret,
Mais de loin à nouveau.

J'ai voulu y croire comme toi.
Il faut garder des rêves dans la tête...

Et fermer la parenthèse)

Fruit déconfit

Il me reste ton goût dans la bouche,
Parfum de fruit défendu,
Déconfit.

18 juin 2010

" l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée"

" Dans la vie, l'essentiel est de porter sur tout des jugements a
priori. Il apparaît, en effet, que les masses ont tort, et les
individus toujours raison. Il faut se garder d'en déduire des
règles de conduite : elles ne doivent pas avoir besoin d'être
formulées pour qu'on les suive. Il y a seulement deux choses :
c'est l'amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la
musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le
reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques
pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du
fait que l'histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai
imaginée d'un bout à l'autre. Sa réalisation matérielle
proprement dite consiste essentiellement en une projection de
la réalité, en atmosphère biaise et chauffée, sur un plan de
référence irrégulièrement ondulé et présentant de la distorsion.
On le voit, c'est un procédé avouable, s'il en fut."

Boris Vian.
Avant propos de "L'écume des jours"